| | | validisme / identité handicapée | |
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| Auteur | Message |
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celine Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 67 Age: 29 Localisation: Nancy Date d'inscription: 15/04/2008
 | Sujet: validisme / identité handicapée Jeu 17 Avr - 21:50 | |
| Bon, recentrons un peu le débat hors gue-guerre. Validisme/ableism, ok... Bon, j'ai essayé de me documenter un peu, mais j'ai pas assez d'entraînement en anglais, je fatigue vite... Zig, tu pourrais cibler quelques sites à lire en priorité ? Ensuite, et ça je l'ai moins lu, mais c'est toi qui en parlais je crois, l'identité de personne handicapée... Là j'ai un peu plus de mal à saisir. Je vois des handis de 2 types : ceux qui sont "dans la vie", chacun se construisant en fonction de son histoire, j'y vois pas forcément d'unité. Et ceux qui ont été ultra formatés par les centres où ils ont poussé, sur le modèle de l'handi convaincu qu'il ne peut être qu'un boulet, donc je pense qu'on ne parle pas de ce genre d'identité ^^ Bref, déjà elle ne m'apparaît pas comme évidente, mais surtout elle m'inquiète un peu : est-ce que ce n'est pas se poser une étiquette bien gluante ? Se gettoïser soi-même ? Vivre en assumant pleinement son handicap, oui bien sûr ! En faire un étendard (j'ai lu "disabled and proud"), je suis beaucoup moins convaincue... |
|  | | zig Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 190 Age: 30 Localisation: grenoble Date d'inscription: 09/11/2007
 | Sujet: d'acc Jeu 17 Avr - 23:19 | |
| | celine a écrit: | | est-ce que ce n'est pas se poser une étiquette bien gluante ? Se gettoïser soi-même ? |
oui, je vois ce que tu veux dire (l'handiphobe ). point intéressant. et important.
j'ai reçu un mail il y a quelques temps d'une personne qui me demandait à peu près la même chose, à savoir si inclure une identité n'exclut pas par la même d'autres champs identitaires. voilà ce que j'ai commencé à répondre :
je suis d'accord avec beaucoup de choses que tu dis. je suis foncièrement quelqu'un de paradoxal, youpi. pour faire gros : intimement je ne conçois pas les étiquettes, mais politiquement je trouve de l'importance aux identités et dénomminations. je suis animé de travail sur les transversalités, depuis toujours, de ma "construction queer" à mes axes de travaux actuels avec les sans-pap. je ne peux pas réfléchir sans transversalité/s, et donc sans brouillage identitaire à force de multitude. mais j'ai besoin d'affirmer des identités, de décortiquer des structurations de pouvoir. de ce fait je suis locuteur de plusieurs grilles d'analyses, tantôt pédé, tantôt féministe radicale, tantôt handi, tantôt colonisateur, tantôt blanc avec des papiers, tantôt lettré, etc. et l'identité handi m'est parfois nécessaire pour éclairer des zones. je ne suis pas "l'handicapé", je suis zig. mais je suis *notamment* handi.
"la culture du valide" est une satire, une exagération dénonciatrice. pas une profession de foi, héhé. du -isme, du bloc, qui invite chacun-e à y modeler ses spécificités.
cette position identitaire, je dirais que pour moi elle a deux axes : - je dirais une "acuité", une veille sur qui tu es et comment de ce fait les autres t'entourent, tout comme comment tu te laisses entourer. est ce que tu me suis ? je ne sais pas... par exemples essaye de situer les liens/interactions - concrètes et aussi inconscientes - qui se produisent si dans une rue tu es un clodo ou un business man, un blanc député ou un asiatique sans-papiers, une meuf ou un mec... réellement, tu es à même de décrypter ce qui découle de toi en tant qu'handi dans cette rue. - l'autre axe que je ressens, c'est le devenir : ce truc d'avoir une identité, une position conscientisée, et à partir de cet ancrage pouvoir se dire "ok je sais que je suis ça, alors maintenant qu'est-ce que je *peux et veux* en faire ?". et c'est là où je ne me sens pas « assigné ou intégré », getthoïsé, parce qu'en ayant investi cette identité, j'ai envie de la voir se connecter à d'autres, évoluer, se confronter, créer des passerelles comme disait le Toto c'matin au téléphone. tu vois ? pour moi une identité c'est un super potentiel dans une multitude d'identités, et ce que j'écris "transversalité" c'est croiser les identités. MAIS en ayant pleinement conscience des interactions de pouvoir/s.
est ce que ça te parle un peu ? ou je recommence tout ? 
z
je cherche des liens web |
|  | | celine Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 67 Age: 29 Localisation: Nancy Date d'inscription: 15/04/2008
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Ven 18 Avr - 10:13 | |
| Ouais ouais ça me parle... Disons que d'un point de vue personnel ça me parle, mais je pense déjà l'appliquer un peu. Sans me sentir ultra "marquée" par cette identité handi, je pense l'assumer très bien, et faire avec, sans la cacher, ni la surexposer. Je comprends très bien ce que ça peut apporter de bon. En gros ça permet d'analyse-décrypter-comprendre, et comme je le disais dans un autre post c'est un peu (trop!) mon truc ^^ Mais d'un point de vue collectif, ça continue à me faire un peu peur. Peut-être à cause de mon handiphobie, peut-être parce que je sous-estime le commun des handis, mais je sens la dérive très proche, qui amènera tout le contraire de ce qu'on souhaiterait... La frontière entre "handicapée et pas de raison d'en avoir honte", et "handicapée, fière de l'être et je vous emmerde"... En y repensant, c'est pas spécialement de l'handiphobie, c'est toutes les étiquettes, toutes les "communautés" qui me font cet effet là... |
|  | | Flams Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 143 Date d'inscription: 13/08/2007
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Ven 18 Avr - 11:31 | |
| | celine a écrit: | | Mais d'un point de vue collectif, ça continue à me faire un peu peur. Peut-être à cause de mon handiphobie, peut-être parce que je sous-estime le commun des handis, mais je sens la dérive très proche, qui amènera tout le contraire de ce qu'on souhaiterait... La frontière entre "handicapée et pas de raison d'en avoir honte", et "handicapée, fière de l'être et je vous emmerde"... |
Je suis comme toi Céline, la notion d'identité de personne handicapée me gêne un peu aux entournures parce que je n'ai jamais considéré que le fait d'être handicapée me rendait plus proche d'un autre handicapée que d'un valide avec lequel j'aurais d'autres atomes crochus.
Et pourtant force est de reconnaître que je ne suis pas ici par hasard ; c'est bien que ce que l'on peut avoir de commun m'intéresse... De ce fait j'aime assez l'idée de transversalité de Zig : je suis handicapée, entre autres, ce qui implique que je peux me sentir proche d'un handicapé pour ce point commun, mais aussi de toutes sortes de personnes pour d'autres aspects de ma personnalité. Le tout est de ne pas perdre de vue toutes les composantes de son identité et de toutes les cultiver.
Quand au niveau collectif, j'imagine que si chaque partie du tout fait aussi partie d'autres tous (en peu comme les instersections d'ensembles en maths), le risque de géttoïsation n'est pas bien grand. Mais bon c'est théorique ; dans la pratique, si tu rassembles 3 fauteuils dans un bar, ça passe déjà pour une communauté fermée  _________________ "C'est justice, et j'approuve au seuil de mon tombeau : Molière a du génie et Christian était beau !"
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|  | | Darcal Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 575 Age: 32 Localisation: Hauts de Seine Date d'inscription: 19/05/2007
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Ven 18 Avr - 11:42 | |
| La manie de vouloir nous foutre dans des cases (y compris par les "mouvements pro-handis") alors que nous sommes avant tout des individualités ? _________________ Si tes rêves s'écroulent, ramasses-en les morceaux et garde-les. On peut trouver des éclats d'Espoir parmi les débris des rêves brisés.
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|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Ven 18 Avr - 21:21 | |
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|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Sam 19 Avr - 10:58 | |
| Nous sommes des êtres humains, comme tout à chacun, capables de réspirer, de réflechir, d'aimer, d'être en colère, de pleurer, de rire, et j'en passe.... Il n'y a que l'Apparence phisique qui change.... FABIENNE |
|  | | sifoell Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 607 Age: 27 Localisation: Douce Loire Atlantique Date d'inscription: 26/11/2006
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Sam 19 Avr - 22:22 | |
| Je reviens dans la battle  L'histoire de l'identité handicapée me turlupine depuis que j'en ai entendu parler... Au final, ce que tu dis, Flams, c'est qu'Untel a telle identité, puis l'identité de "Femme", de "bretonne", de "joueuse d'échec"... Je crois pouvoir imager l'idée de transversalité de Zig en parlant d'identité gigogne : telle personne est ça + ça + ça... Je me dis également qu'il y a bien une communauté handicapée qui, pour des raisons évidentes, a une culture commune, je parle des sourds qui signent, et qui n'oralisent pas forcément... Pour eux, c'est presque comme être étranger au pays dans lequel ils vivent, puisqu'une minorité de personnes signe, et que cette identité sourde est définie par cette langue particulière... Bref, tout ça pour dire, que je la visualise un peu, cette communauté handi : au travers des sports, surtout, car les particularités d'adaptation sont pour moi autant de signifiants identitaires... La communauté handi est aussi ici, dans cet espace, à réfléchir sur leur vie, leur avenir... Mais l'idée est à creuser... Des volontaires ? |
|  | | sifoell Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 607 Age: 27 Localisation: Douce Loire Atlantique Date d'inscription: 26/11/2006
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 0:34 | |
| | celine a écrit: | | Ensuite, et ça je l'ai moins lu, mais c'est toi qui en parlais je crois, l'identité de personne handicapée... Là j'ai un peu plus de mal à saisir. Je vois des handis de 2 types : ceux qui sont "dans la vie", chacun se construisant en fonction de son histoire, j'y vois pas forcément d'unité. Et ceux qui ont été ultra formatés par les centres où ils ont poussé, sur le modèle de l'handi convaincu qu'il ne peut être qu'un boulet... |
Je suis en train de faire quelques recherches sur le net, et je viens de trouver ici : http://www.med.univ-rennes1.fr/sisrai/art/identite,_representations_sociales_et_handicap_moteur_p.30-34.html ça : (que je vais un peu caviarder pour en tirer ce qui me semble essentiel :
"Identité, représentations sociales et handicap moteur
Isabelle Ville
Psychosociologue, INSERM
Psychologie populaire et représentation des personnes handicapées
De nombreuses recherches en psychologie sociale ont montré que, dans les cultures occidentales, les individus surestiment le poids des caractéristiques personnelles et négligent les facteurs externes liés à la situation dans l'explication des comportements humains. C'est la raison pour laquelle les approches du handicap se sont majoritairement centrées sur l'individu plutôt que sur l'environnement. Si elle est biaisée, une telle conception est toutefois cohérente avec une représentation de l'individu libre, autonome et responsable de ses actes à l'œuvre dans notre psychologie populaire, représentation qui semble bien remplir une fonction sociale de maintien de l'ordre établi. En effet, considérer l'individu comme cause de son comportement permet de ne pas questionner les pratiques sociales.
Au début des années 80, Paicheler et ses collaborateurs ont étudié la façon dont le grand public se représente les personnes handicapées. Leurs résultats montrent deux représentations divergentes des personnes se déplaçant en fauteuil roulant. (Note de Sifo : déjà handicap = fauteuil roulant... Yep, ça élimine les boiteux, bigleux, déficients intellectuels...) L'une, majoritairement exprimée, leur attribue anxiété et introversion ; l'autre, au contraire, associe à la déficience un type de " personnalité calme, contrôlée, rationnelle… Analysant ces représentations en regard de représentations plus générales véhiculées dans la psychologie populaire, les auteurs constatent que la représentation majoritaire coïncide avec celle de la " personne inadaptée , tandis que l'autre représentation correspond à la personne-type qui aurait " réussi sa vie sociale et professionnelle. Une autre représentation, celle de la personne " bien dans sa peau , spontanée, confiante et insouciante, utilisée pour décrire des valides, n'est quasiment jamais attribuée aux personnes en fauteuil roulant.
Une autre étude, réalisée à la même époque auprès de professionnels de la réadaptation (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes), fait émerger des représentations très proches des précédentes pour décrire cette fois les personnes handicapées qui ont " surmonté leur handicap et celles qui n'ont " pas surmonté leur handicap . Ainsi, pour les professionnels comme pour les profanes, il n'existe qu'un mode d'adaptation, qu'une façon de " surmonter son handicap se traduisant par le fait de posséder un moi fort, caractérisé par le contrôle de soi, la stabilité et la persévérance.
Ces résultats viennent étayer les " théories de l'étiquetage (labelling) qui mettent en évidence les effets préjudiciables du processus de stigmatisation. Pour les tenants de ces théories, étiqueter une personne comme handicapée ce n'est pas seulement décrire un type de déficience, c'est lui attribuer un ensemble de caractéristiques qui sont culturellement associées à cette déficience. C'est la personne entière, sa " personnalité ", qui sera interprétée à la lumière du handicap. En se conformant aux attentes inhérentes au stigmate, la personne entre alors dans une " carrière " de déviant et, à la déficience initiale, s'ajoute un handicap psychologique. Le fait que ce dernier soit considéré comme directement associé à la déficience vient entériner le processus. Dans cette perspective, la stigmatisation souvent reliée à l'institutionnalisation contribue à renforcer les stéréotypes et génère l'incompétence et la dépendance des personnes handicapées.
Pratiques et traitement social des déficiences
Les représentations véhiculées par la psychologie populaire prennent leurs racines dans un contexte historique et socio-économique qui détermine des pratiques. Ainsi, Stiker (1982) montre comment la culpabilité et l'obligation morale à l'égard des victimes de la première guerre mondiale fait émerger une nouvelle conception de l'infirmité : l'assistance cède le pas à la réadaptation. Il s'agit désormais de remplacer ce qui manque, de faire " comme si " il n'y avait pas de différence. L'infirme qui indiquait l'exceptionnel, l'altérité, doit retourner à la vie ordinaire, être replacé dans le système du travail et de la consommation. Progressivement, le sort des mutilés de guerre va s'étendre à tous les types d'infirmité, provoquant une indistinction conceptuelle marquée par l'apparition d'un nouveau terme : le " handicap ". La réadaptation bat son plein dans les années cinquante, période de croissance économique, à laquelle aucune protection sociale n'est offerte aux personnes handicapées, la seule alternative à l'assistance étant l'insertion professionnelle que la réadaptation va donc s'efforcer de promouvoir.
Les nouvelles législations qui apparaissent dans les années soixante-dix s'accompagnent d'une évolution dans le processus de réadaptation et le traitement social réservé aux personnes handicapées. Aux états-Unis, le handicap qui appartenait exclusivement au domaine médical, pénètre les sphères sociales et politiques avec, en particulier, le statut de " groupe minoritaire " accordé aux personnes handicapées. L'intérêt se déplace des incapacités et de la volonté de normaliser vers des préoccupations en terme de bien-être et de " qualité de vie
Une évolution similaire est décrite en France par Ebersold (1991) où la gestion de la déficience qui, auparavant, privilégiait la dimension professionnelle et scolaire de l'insertion fait progressivement place à une démarche intégrationniste prenant en considération l'ensemble des facteurs liés à l'environnement et à la place de l'individu dans la société. De nouvelles thématiques reposant sur l'exclusion sociale viennent ainsi remplacer les préoccupations relatives à la formation professionnelle et à l'emploi. Cette évolution du champ de la réadaptation est elle-même liée à des modifications du contexte socio-économique : fin de la croissance, augmentation du chômage et apparition des mesures de protection sociale.
Identité et handicap
La " réadaptation réussie , aboutissement de ces durs efforts pour répondre à la demande sociale, illustre, érige en modèle la grande volonté et la grande maîtrise qu'ont d'elles-mêmes les personnes concernées ainsi que leur capacité à " faire face ".
L'individualisme de notre psychologie populaire produit le renversement suivant : de termes génériques résumant un certain type de comportements, les caractéristiques de personnalité deviennent explicatives de ces mêmes comportements : " c'est grâce à ma volonté, mes capacités de contrôle que je suis parvenu à travailler et à mener une vie normale . Erreur fondamentale qui favorise les causes internes et néglige l'influence des pressions sociales ? Elle n'en a pas moins pour fonction la légitimation d'un certain type de traitement social des déficiences, celui de la normalisation à l'œuvre dans les pratiques de la réadaptation, à cette époque.
Le nouveau contexte qui commence à s'imposer au début des années quatre-vingts laisse entrevoir une alternative à " faire comme les autres . Une nouvelle forme de reconnaissance sociale par d'autres voies que celle de la normalisation apparaît. L'insertion professionnelle n'est plus l'objectif prioritaire et le droit au non-travail, à une époque où le chômage augmente et où d'autres ressources sont possibles, est revendiqué par certaines personnes handicapées. L'amorce d'un changement a semble-t-il ouvert une brèche pour la négociation, la production de nouvelles images : comme celle du handicap contribuant à la diversité physiologique d'une culture plus riche, qui commence à émerger, offrant ainsi de nouveaux modèles d'identification aux personnes handicapées et enrichissant la psychologie populaire.
Ces quelques exemples illustrent le caractère éminemment socio-historique de l'approche du handicap et la nécessité d'aborder cet objet d'étude en relation avec le contexte, les pratiques et les représentations. Les travailleurs sociaux et le personnel paramédical sont au cœur même de ces processus de par leur engagement dans l'interaction avec des personnes handicapées, leur savoir et leur statut. Par leurs pratiques, en définissant les modalités de traitement, les objectifs à atteindre, la durée d'institutionnalisation, etc., ils peuvent contribuer inconsciemment à renforcer des images existantes ou, au contraire, participer à l'émergence de nouvelles représentations en laissant la porte ouverte à la négociation avec les personnes concernées."
Ce que j'en pense :
C'est assez étonnant qu'autant les personnes lambda (qu'on appellerait ici "valides de base") que des professionnels de la réadaptation ont plus ou moins les mêmes représentations des personnes handicapées, même si ce n'est pas dans les mêmes termes.
D'un côté, les courageux qui ont réussi à se réadapter, de l'autre des anxieux inadaptés... Et un troisième chemin : une personne bien dans sa peau, adjectivée dans le champs lexical des valides, qui n'appartient pas au handicap...
Insérer : mettre dans Intégrer : faire entrer dans un ensemble...
Parler d'insérer les zhandis dans le milieu pro, c'est sous-entendre qu'ils n'y sont pas, de même pour l'intégration des zhandis dans la société... les zhandis a-sociaux ? In-adaptés ? C'est effrayant comme le vocabulaire professionnel est porteur de négativité de l'image de la personne handicapée.
Toujours dans le domaine du vocabulaire professionnel, c'est quoi le handicap ? Une déficience (motrice, sensorielle, mentale, intellectuelle...) qui entraîne une incapacité (à marcher, voir, penser, se construire...) qui entraîne un désavantage social (difficultés à se déplacer, ce qui entraîne une difficulté sociale...), qui entraîne le handicap... Le handicap est social. C'est la société qui le crée, par le regard des autres, par les difficultés d'adaptation des villes...
Les zhandis, ainsi, en dehors de la société, sont handicapés par elle et tout ce qu'elle ne fait pas pour eux... |
|  | | lerossignol Intéressé(e)

Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 14/04/2008
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 11:12 | |
| Texte très intéressant Merci _________________ lerossignol
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|  | | michel36 Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 66 Date d'inscription: 28/01/2007
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 12:15 | |
| | Citation: | | Une autre étude, réalisée à la même époque auprès de professionnels de la réadaptation (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes), fait émerger des représentations très proches des précédentes pour décrire cette fois les personnes handicapées qui ont " surmonté leur handicap et celles qui n'ont " pas surmonté leur handicap . Ainsi, pour les professionnels comme pour les profanes, il n'existe qu'un mode d'adaptation, qu'une façon de " surmonter son handicap se traduisant par le fait de posséder un moi fort, caractérisé par le contrôle de soi, la stabilité et la persévérance |
Ce qu'on oublie, malheuresement, c'est que le handicap ne change pas la personne en profondeur. Ainsi une personne introvertie se verra étiquetté "anxieux" et l'extraverti "courageux, volontaire..." Le caractére demonstratif de la personnalité influe beaucoup sur la perception et le jugement qu'on peut donner. Dommage, le courage et la volonté ne se quantifient pas aussi facilement.
Aide toi et le ciel t'aidera, bouge ton cul, garde le contrôle et persévère, et même si rien ne fonctionne comme tu le souhaites, continue à sourire... sur un mal entendu ça peut marcher.  |
|  | | valentinette Intéressé(e)
Nombre de messages: 27 Age: 35 Localisation: Saint-Quentin (02) Date d'inscription: 24/11/2007
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 15:20 | |
| sujet qui me laisse perplexe!! "posséder un moi fort", c'est bien joli... Le handicap c'est aussi la haute fatigabilité et l'usure... du corps!! On peut toujours tirer sur la corde , mais un jour ou l'autre, elle finit par casser!! Et la force de caractère ne peut plus grand'chose!! La force de caractère des handicapés ou des malades, c'est bien pratique ... pour les gens qui ne luttent pas constamment contre la douleur... physique! |
|  | | Darcal Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 575 Age: 32 Localisation: Hauts de Seine Date d'inscription: 19/05/2007
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 15:36 | |
| Ou pour qui le simple fait de marcher ne demande pas des efforts musculaires, de concentration et de volonté, oui, quand la douleur est là... _________________ Si tes rêves s'écroulent, ramasses-en les morceaux et garde-les. On peut trouver des éclats d'Espoir parmi les débris des rêves brisés.
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|  | | sifoell Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 607 Age: 27 Localisation: Douce Loire Atlantique Date d'inscription: 26/11/2006
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 15:56 | |
| L'étude que je mets en lien fait état de la représentation sociale qu'ont les valides, de base ou professionnels du handicap, de la personne handicapée. Ce n'est ni plus ni moins que des a priori... Je te rejoins Michel, dans l'idée qu'une personne handicapée qui est un peu en retrait se verra stigmatisée "d'introvertie", parce que l'autre lui prête une attention plus particulière... Tout cela n'est ni plus ni moins que de l'empathie mal placée, les valides et pro qui se disent, sans doute inconsciemment, "merde, et si j'étais dans ses godasses...", et la personne handicapée qui est bien insérée socialement, qui a du travail, est en couple, bref a une vie très "normale" (comme je déteste ce mot), sera vue comme courageuse... La représentation de la personne handicapée est faussée par le fait que la personne est handicapée et toute cette empathie mal placée que la valide peut ressentir amplifie en quelque sorte les sentiments que ressent le valide. On a donc des handi étiquettés de courageux ou de malheureux... Je vous rejoins aussi sur vos messages, Valentinette et Darcal... Les personnes qui se représente ainsi les handi ne peuvent être tellement empathiques au point de véritablement partager leur douleur, la ressentir... Tout comme moi qui suis valide ne puis le faire... |
|  | | hellen Inconditionnel(le)

Nombre de messages: 85 Date d'inscription: 13/04/2008
 | Sujet: Re: validisme / identité handicapée Dim 20 Avr - 15:59 | |
| J'avais l'impression que c'était justement plus ou moins le propos. Que c'est bien joli de penser qu'on est tous des individualités, mais qu'au niveau du traitement, que ce soit par la société ou les organes d'état, il y a une différence frappante de concepts. Et cette différence est causée entre autre par le non-investissement d'une figure politique des handicapés. Alors on se trouve d'un côté avec une réalité de vie qui diffère de la norme et d'un autre côté face à un discours d'absorbsion des handis par la société valide (et pas par la société tout court). Ce qui fait que quel que soit la posture choisie, les signes seront toujours ramenés à la question de l'exception de l'handicapé qui réussit (à s'intégrer), vocabulaire de courage, mais qui dispense la société d'en faire plus puisqu'elle ne s'adresse pas à des exceptions. Donc, les handis sont toujours définis par leur dehors, comme dit sifoell: | Citation: | | Les zhandis, ainsi, en dehors de la société, sont handicapés par [la société] et tout ce qu'elle ne fait pas pour eux... |
D'ou l'intérêt d'une identité handi (parmis d'autres, toutes celles qui composent l'individu unique que nous sommes tous), pour remplir ce champ de discours soi-même et se donner les moyens d'être acteur du monde. |
|  | | | | validisme / identité handicapée | |
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